[Ici et là-bas] Mer et ciel

Quatre photos pour bien inscrire en moi cette idée que, du gros porteur au méthanier, du vraquier au trimaran, du céréalier au pétrolier, du porte-avions à la felouque, du brise-glace au paquebot, ils sont tous portés moitié par la mer, moitié par le ciel.

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[Ici] L’écriture fondatrice

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C’était samedi matin, au sympathique Marché public de Deschambault. Deschambault qui fête cette année son 300e anniversaire… Mais qu’est-ce à dire que 300 ans, quand on sait qu’une première seigneurie y fut établie en 1640 (Chavigny), et une autre en 1672 (La Chevrotière)? Eh bien, ce qui fixe la date dite de fondation, c’est «l’ouverture des registres de la paroisse Saint-Joseph de Deschambault». Comme s’il fallait l’écriture pour que le territoire soit reconnu tel…

À l’arrière-plan de cette écriture, si je puis dire, il y avait bien sûr l’église — avec et sans majuscule.

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[Là-bas] La solitude du Massaï dans la savane arbustive

Photo André Carpentier

(Photo André Carpentier)

Au loin, le Kilimandjaro...     (Photo André Carpentier)

Au loin, le Kilimandjaro… (Photo André Carpentier)

 

[Là-bas] Dhobi ghat

J’ai pour Mumbai, mégapole indienne d’autour de 20 millions d’habitants, une affection que je ne m’explique pas moi-même. Dans le quotidien étonnant et significatif de cette ville, il y a, entre autres, le Dhobi ghat. Le ghat des laveurs de linge. En somme, une buanderie à ciel ouvert.

Le matin, le linge à laver est recueilli par toute la ville. Il est identifié, trié, avant d’être confié à des laundrymen (les dhobis), installés dans des stalles de pierre, qui le savonnent, le frottent et le tapent contre la structure de pierre.

(On peut cliquer sur les photos pour voir les dhobis de plus près.)

Puis la lessive est étendue un peu partout sur des cordes : des saris, des jeans, des serviettes ; beaucoup de blanc, un peu de noir, des couleurs vives…

Une fois séché, le linge est repassé, plié, ensaché. Et en fin de journée, les pièces de linge propre, à peu près sec et défroissé provenant d’une même adresse, qui ont été confiées à différents dhobis durant la journée, sont rassemblées et retournées en un seul paquet, et au bon destinataire! C’est que, sous l’apparent foutoir de Mumbai, règne un étonnant système de régulation — qu’on pourrait prouver de cent autres manières. Comment pourrait-il en être autrement ?

[Là-bas] Le jongleur tellurique

Le jongleur tellurique 1Fin de journée printanière dans le Red Rock State Park (Arizona), qui présente un étonnant paysage sculpté par l’érosion. Nous sommes dans le monde des mégalithes, que la civilisation hispano-amérindienne appelle des mesa.

Ces mégalithes au faîte très découpé, de nombreux agents d’érosion en ont précipité l’effritement : le vent, la pluie, la neige, la glace, les écarts de température entre jour et nuit, entre saisons, du gel jusqu’à la surchauffe, la sècheresse, la foudre, etc. Quand je dis précipité, il faut entendre que cette desquamation s’est produite sur un petit laps de quelque dix millions d’années… Les mesa sont en effet des plateaux formés par des restes d’une coulée volcanique, qui sont apparus lorsque l’érosion a abaissé les terrains voisins.

En cette fin de journée, donc, bien qu’ayant les pieds dans la fraîcheur du gué d’Oak Creek, nous avons encore la tête et le corps tout pleins des chaleurs du granit rouge dont le parc abonde. Durant un quart d’heure, nous assistons à l’approche de la lune sur Cathedral Rock — dont nous ignorons alors la célébrité. Puis celui-ci, en jongleur tellurique, profitant de la rotation de la lune et de son effet gyroscopique, la fait tourner un petit moment sur le bout de ses doigts.

Le jongleur tellurique 2